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Le poids des mots face à l’Histoire

5 Juin 2015, 15:07pm

Publié par Jean-Marc Pujol

Celles et ceux qui refusent de commémorer la journée du 19 mars seraient LES méchants. Drôle d’époque. Drôle d’histoire. Dans ces mêmes colonnes, sur ce même blog, le 18 mars dernier j’expliquais sereinement « pourquoi je ne participerai pas à la cérémonie officielle du 19 mars », décrétée par le Gouvernement socialiste « Journée nationale du souvenir » en mémoire des victimes de la guerre d’Algérie. Aujourd’hui, à l’avant-veille du 7 juin, les mêmes tensions resurgissent pour empêcher des personnes d’exprimer une opinion, en l’occurrence le fleurissement d’une stèle, située au cimetière nord de Perpignan, rendant hommage à des dirigeants de l’OAS qui se sont battus contre l’indépendance de l’Algérie, entre 1961 et 1962. Et depuis 2007, les Préfets en poste dans les P-O, craignant des débordements, interdisent par arrêté tout rassemblement aux abords du cimetière. Chacun est libre de ses idées, libre de porter la contradiction, dans la mesure bien sûr où les propos diffusés ne sont ni diffamatoires ni racistes ni antisémites ni mensongers. L’utilisation désormais à toutes les sauces verbales de certains mots pour falsifier la vérité, pour désinformer l’opinion a de quoi inquiéter. Alors que les historiens s’accordent à s’appuyer sur les faits, sur une mémoire apaisée pour reconstruire le puzzle de l’Histoire, on assiste en parallèle, paradoxalement, dans les médias, au grand déballage de plumitifs affabulateurs, auteurs de pseudo-récits historiques sans fondement. On croyait que l’arrivée des nouveaux réseaux d’information et de communication allait enfin mettre un point final à toutes les tentatives de contrôle de la pensée, mais la propagande a la vie dure… A ceux qui continuent, jour après jour, d’essayer d’imposer leur version volontairement erronée de l’histoire, au mépris des hommes et des réalités, j’oppose et j’opposerai inlassablement, infatigablement, ma contribution pour lutter contre toute forme de complot. Si le 19 mars dernier, en tant que maire de Perpignan, j’ai décidé de mettre en berne le drapeau national sur le fronton de la mairie, c’est parce que en aucun cas devant l’Histoire cette date ne peut être retenue comme jour anniversaire du cessez le feu de la guerre en Algérie en 1962. Entre le 19 mars et le 5 juillet 1962 (date de l’Indépendance de l’Algérie), ce sont 10 000 harkis et leurs familles qui ont été sauvagement assassinés, et des milliers de militaires et d’Européens (Pieds Noirs), de toutes confessions, qui ont été tués ou portés disparus.