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Un entre-soi préélectoral peu républicain

16 Octobre 2015, 20:03pm

Publié par Jean-Marc Pujol

L’inauguration du Mémorial de Rivesaltes pouvait être l’occasion de rassembler les mémoires et d’atténuer les souffrances des victimes. Ce fût une ode à la gloire de la Région, du Département et de l’Etat, sans oublier les habituelles litanies hagiographiques de ceux qui ont dépensé des millions d’euros des contribuables pour graver leurs noms dans la pierre du bâtiment, à la place des victimes. Un quarteron de ministres en majesté dont l’un d’entre eux, après s’être incliné en Algérie devant les massacreurs de harkis, a l’outrecuidance toute honte bue de venir saluer les victimes. Bien sûr repas privé, fleurissement et visite privés avec les manants tenus à l’écart pendant de longues heures ont permis à cette aristocratie de caste, dont le parti socialiste est friand, de s’auto-congratuler. Le Maire de Perpignan, Président de la Communauté d'Agglomération Perpignan Méditerranée, n’était pas invité à ces agapes, certainement pour lui faire payer son soutien permanent et répété aux harkis et aux victimes de tous les exils, dont les Républicains. Mais la mémoire de mon grand-père accueillant les Républicains en 1939, celle de mon père engagé contre les Nazis à 17 ans et demi et pour la défense des harkis en Algérie, me permettent de conserver mon sang froid devant ces mémoires bafouées. Celles des victimes du camp de Rivesaltes et de ceux qui les ont insultés en 1939 et en 1962, et qui se trouvaient parmi les personnalités oubliant le pacte germano-soviétique et les « harkis à la mer ».  Alors, cela aurait pu être un grand moment de réconciliation des mémoires et Monsieur le Premier Ministre aurait pu, au nom du gouvernement, dire pardon aux victimes. Pardon aux Républicains pour les avoir abandonnés en 1936. Pardon aux harkis d’avoir voulu les rejeter à la mer. Mais ce pardon est englouti dans les mensonges de la raison d’Etat de ceux qui pouvaient tout faire à l’époque et qui n’ont rien fait. Certes, ils appartenaient comme lui au Parti socialiste. Relégué au milieu de la foule, loin des lumières, j’appréciais simplement cette magnifique architecture du malheur et de l’oubli que l’architecte a su faire ressentir. Ce lieu prête à la réflexion, il entrevoit la vérité sur les malheurs de l’exil et du déracinement. Il méritait que l’on parle de ces hommes et de ces femmes et que l’on ne parle que d’eux.