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Voltaire, Charles de Gaulle… puis vint le temps du « Brexit »

24 Juin 2016, 10:05am

Publié par Jean-Marc Pujol

Personne n’a oublié cette phrase célèbre attribuée à Voltaire : « Messieurs les Anglais, tirez les premiers ! ». C’est chose faite, sur la communauté européenne, depuis la nuit dernière. Nous avons tous en mémoire, également, l’image de cet entretien télévisé, du 14 décembre 1965, lorsque le président de la République française, Charles de Gaulle déclarait : « Il faut prendre les choses comme elles sont, car on ne fait pas de politique autrement que sur les réalités. Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en criant « Europe ! », « Europe ! », « Europe ! », mais cela n’aboutit à rien et cela ne signifie rien »…
Deux propos cruellement de circonstance et d’actualité, depuis que ce vendredi 24 juin 2016 la majorité des électeurs britanniques qui se sont déplacés jusqu’aux urnes ont voté pour la sortie de la Grande-Bretagne de la Communauté européenne. Le verdict est sans appel : 52% pour le « Brexit ».
Comment a-t-on pu en arriver là ?
Je crois que nos commentateurs patentés et nos élites dirigeantes seraient mieux inspirés de faire une pause et mener une réflexion sérieuse, plutôt que de jeter de l’huile sur le feu en accusant les résultats de ce scrutin de tous les maux, voire pour certains qui ont colonnes ouvertes dans les médias en pronostiquant « la fin de l’Europe » sur le ton irréversible de « la fin du monde »… Nous n’en sommes pas là, fort heureusement, même si une séparation constitue toujours un choc pour les deux parties, surtout au terme de 43 années de vie commune. Dans ce nouveau contexte, au contraire, l’Union (européenne) devra faire la force. L’Europe doit continuer d’exister, de porter ses valeurs, mais le coup de semonce des Britanniques doit évidemment être suivi d’une analyse affinée afin de retrouver la confiance des peuples.
Il faut se faire à l’évidence, tant sur le plan social qu’économique et culturel, l’Europe qu’on nous construit ne fait plus rêver. La montée des populismes de tous poils et des extrémismes, hélas, vient régulièrement nous le rappeler à chaque scrutin qui se déroule aux quatre coins du continent. Face aux lois, aux fiscalités, aux coutumes, à la question des migrants par exemple, face aux revendications et interrogations légitimes des populations, face à l’Avenir tout simplement : quelles réponses, quelles solutions, l’Europe veut-elle, ou peut-elle apporter ? Au nom de quel « projet européen » ?... L’heure pour l’Union européenne d’une révision générale a sonné. Et si finalement, par leur choix, les Anglais avaient sauvé l’Europe ?...