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De renoncements en renoncements, Hollande a fini par… renoncer !

2 Décembre 2016, 10:22am

Publié par Jean-Marc Pujol

« Lucidité », « dignité », « aveu d’échec », « courage » : ce sont-là les mots qui reviennent le plus souvent, ce matin, dans les médias et sur les réseaux sociaux, au lendemain de la décision du Président François Hollande de renoncer à briguer un second mandat. Un premier sondage nous apprend que 8 Français sur 10 approuvent cette décision.
C’était écrit ! Car, sincèrement, François Hollande avait-il le choix ? Si ce n’est le choix de se résigner ou de se révolter. L’issue, fatale, était connue d’avance. Sa position était effectivement devenue insoutenable, insupportable, au fil des enquêtes d’opinion se dégageait même un parfum irrespirable que les « frondeurs » de la Gauche s’acharnaient à diffuser dans les conditions médiatiques que l’on sait.
L’Histoire exige de la clarté, de la « lucidité » effectivement. François Hollande l’a trouvé en prenant une sorte « d’exil ». On doit lui reconnaître qu’il l’a fait avec un certain panache. C’est d’ailleurs, sans doute, le seul épisode, le seul acte !, que l’Histoire retiendra de son mandat. Car cela restera comme le seul moment pendant lequel François Hollande se sera mis au niveau de la fonction présidentielle.
Maintenant, s’agissant de l’utilisation des mots, il faut savoir raison garder et ne pas s’engager dans des définitions usurpées, dans des contributions hasardeuses. Parler de « courage » comme le font les uns quant à la décision prise hier soir par M. Hollande n’a aucun sens. C’en est même absurde. A moins, comme le disait Sénèque, « de tirer le courage du désespoir » ! D’autres parlent d’une « décision exemplaire » ; je leur répondrai en citant Albert Camus : « Un exemple n’est pas forcément un exemple à suivre ».
Laissons aux éditorialistes, aux sondeurs, aux experts, aux écrivains, plus sérieusement et plus objectivement aux historiens, le temps de la sérénité nécessaire afin d’analyser, de peser, de rencontrer la réalité qui nous permettra de mesurer l’impact sur notre société de la « présidence Hollande », et ce dans le respect de la neutralité, sans en paraphraser l’expérience.
Une certitude nous saute aux yeux toutefois : celui, François Hollande, qui nous promettait d’être « un président normal » n’aura pas apporté au pays les indispensables réformes pendant toute la durée des cinq années de son mandat. En cela, aux plans économique et de l’emploi, nous ne pouvons que déplorer, chiffres et faits à l’appui, son incapacité à gouverner dans l’époque. Il aura suscité de nombreuses protestations et désillusions, jusque dans son propre camp !, à l’intérieur de sa famille politique, dans son entourage immédiat. Pour terminer son passage à l’Elysée, « son » livre – « Un président ne devrait pas dire ça… » - tel un brûlot censé « tordre le cou à toutes les idées reçues », n’a fait que rabaisser la fonction présidentielle et enflammer la polémique, au point de diviser la nation dangereusement sur de nombreuses questions sociétales. Du jamais vu sous la Vème République !