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La gifle

18 Janvier 2017, 10:32am

Publié par Jean-Marc Pujol

Alors qu’il était en campagne dans le cadre de la « primaire » de la gauche, hier après-midi près de Saint-Brieuc, l’ancien Premier ministre Manuel Valls a reçu une gifle d’un jeune homme (se qualifiant « d’indépendantiste breton ») tandis qu’il se prêtait à un traditionnel échange de poignées de main.
L’affaire, depuis, tourne en boucle sur les réseaux sociaux, la plupart des internautes se gaussant d’une telle situation… les mêmes internautes, sans aucun doute, qui la veille faisaient le buzz avec un selfie de l’astronaute Thomas Pesquet dans l’espace avec la France en arrière-plan, et dont on apprenait par la suite que c’était un faux ! Drôle d’époque. Passons.
Revenons à cette « taloche » qui continue de faire le buzz sur Facebook et Twitter ce mercredi matin. Un tel geste pose évidemment plusieurs questions, à commencer par la sécurité des personnalités, quelles qu’elles soient – politique, artistique ou sportive – lorsqu’elles se déplacent dans la sphère publique. Faudra-t-il toutes les équiper d’une « papa mobile » blindée ? Les faire encadrer par des membres du GIGN ?...
Ensuite, dans notre démocratie, où la liberté d’expression fait partie du « vivre ensemble », n’existe-t-il pas d’autres moyens de s’exprimer, de faire passer un message, de contester un individu, ses propos ou en l ’occurrence sa politique, que de le gifler ? Est-ce là un comportement, une méthode, pour manifester une colère, une détestation, une opinion différente, divergente ? Bien sûr que non ! A dix-huit ans, à la fleur de l’âge, on peut dans notre pays s’engager, choisir la voie du militantisme, s’opposer sans forcément s’inscrire dans l’agressivité, physique ou verbale.
Accepter qu’une personnalité publique, quelles que soient ses convictions et sa visibilité médiatique, soit ainsi traitée est la porte ouverte non seulement à la bêtise humaine mais également à la violence.
Personnellement, je condamne un tel acte avec la plus grande fermeté, même si chacun connait et sait mes sensibilités, ainsi que les divergences idéologiques qui en résultent et qui me séparent de M. Valls.