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Un débat télévisé… pour candidats en mal de médiatisation

5 Avril 2017, 13:33pm

Publié par Jean-Marc Pujol

Comme on s’y attendait : le débat télévisé d’hier soir entre les 11 candidats à l’élection présidentielle a surtout donné lieu à une impossible discussion. Certes, les « candidats minoritaires » (aux yeux des sondeurs) ont trouvé là une tribune, parfois inespérée pour, à l’image du candidat de l’extrême gauche, pousser un coup de gueule à résonance médiatique qui, au final, se résumera être un coup d’épée dans l’eau. Comme toujours. Etre populiste ne signifie pas pour autant être populaire. Et, faut-il le rappeler ?, la haine n’a jamais été un chemin en politique.
Bref, les « candidats minoritaires », chacun à leur manière, avec plus ou moins d’élégance, de brio, de convictions et de pragmatisme, de colère également, d’originalité aussi, ont tenté de se démarquer. Ils ont essayé. Certains auront connu et vécu leur quart d’heure (dix-sept minutes plus précisément) de gloire.
Personnellement, ce serait plutôt l’organisation d’une telle « arène politique » qui m’a dérangé, car le débat politique n’en est pas ressorti grandi. A quoi cela sert-il, par exemple, d’inviter un public ami (ou familial) de chaque candidat, de le positionner derrière son poulain face aux caméras, pour s’offusquer ensuite sur le plateau (comme l’ont fait les journalistes pour interrompre des applaudissements) de ses réactions nettement visibles à l’écran ? Selon les intervenants, nous avons assisté en direct, en arrière-plan des candidats, à un concours de grimaces, de rictus, à une suite de grises-mines, de froncement de sourcils… Il ne manquait plus qu’un doigt dans le nez ! Il faut se rendre à l’évidence : derrière chaque candidat, c’est un décor neutre qui doit être privilégié si l’on veut, à l’avenir, éviter des pantalonnades qui nous renvoient davantage dans les coulisses de la Foire du Trône que dans le débat présidentiel. Laissons cette atmosphère aux commentateurs du Café du Commerce.
Car à l’arrivée, rien, ou presque, sur les programmes des uns ou des autres. S’agissant de la thématique de l’Europe, on peut rendre à Charles de Gaulle – lequel une fois de plus a été cité ! – sa célèbre phrase : « Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant l’Europe ! l’Europe ! l’Europe !... mais cela n’aboutit à rien et cela ne signifie rien ».
François Fillon a eu raison de ne pas répondre aux coups bas. Par sa sérénité, par la prudence et la justesse de son propos s’agissant de défendre ses idées, convictions, son programme et l’avenir de la France pour les prochaines cinq années, il a une fois de plus démontré qu’il est l’homme de la situation. Cerise sur le gâteau : sa brillante anaphore sur le « président exemplaire » a suffi à faire taire les attaques de ses adversaires.