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Moralité, quand tu nous tiens !

30 Mai 2017, 10:09am

Publié par Jean-Marc Pujol

Le premier Gouvernement du nouveau président de la République, Emmanuel Macron, doit affronter sa première polémique médiatico-judiciaire. Révélée la semaine dernière par l’hebdomadaire Le Canard Enchaîné, elle touche de plein fouet le ministre de la Cohésion des Territoires, Richard Ferrand, accusé en quelque sorte d’être partie prenante dans une affaire immobilière douteuse, à cause d’un montage concernant l’attribution d’un bail à la SCI de sa compagne pour les locaux d’un nouveau centre de soins mutualiste à Brest, en 2011, alors que Richard Ferrand était à la fois conseiller régional et conseiller départemental de Bretagne, également Directeur général des Mutuelles de Bretagne…
Parmi les éléments troublants dans ce qu’il convient d’appeler désormais « l’Affaire Ferrand » (tant celle-ci choque et interpelle l’opinion), on notera l’extraordinaire rapidité, moins de quarante-huit heures, avec laquelle la Justice française, dont le Parquet National Financier (PNF), s’est dessaisie du dossier, se déclarant incompétente « à ce stade » dans la mesure où il n’est nullement question – à priori – d’argent public. Pourtant, dans ce dossier, il est bien question d’une Mutuelle… Mais, plus rassurant, nous apprenons aussi que le mot « compagne » ne signifie pas qu’on est « marié » ou « pacsé » ; les verbicrucistes apprécieront ces éléments de langage !
Autre élément troublant : le silence assourdissant au plus haut sommet de l’Etat : pour le Président de la République, comme pour son Premier ministre Edouard Philippe, « il n’y a rien d’illégal, les électeurs trancheront » ! Et tout est dit. Circulez, il n’y a plus rien à voir. Jusqu’au ministre de la Justice & Garde des Sceaux, François Bayrou, qui se tait. Lui d’habitude si bavard devant les caméras… C’est pourtant à lui qu’a été confiée la mission, la tâche, d’élaborer un projet de loi sur « la moralisation et la transparence de la vie politique française ». Cela démarre plutôt mal, car cette attitude s’apparente, sans vouloir plagier Jean de La Fontaine, à : selon que serez pro-Macron ou anti-Macron… C’est ainsi en tout cas que l’opinion pourrait interpréter le silence venu d’en-haut alors que les gens attendent l’exemplarité.
C’est Emmanuel Macron lui-même qui pendant toute la campagne électorale de la Présidentielle a souhaité vouloir « laver plus blanc que blanc », « moraliser les institutions »…
Alors que le soupçon de conflit d’intérêt semble se dessiner, jour après jour, les médias pointant du doigt un ministre de la République, l’Elysée et Matignon ne peuvent plus rester les yeux fermés et les bras croisés. Cette polémique, qui enfle tous les matins, met certes la solidité du gouvernement à rude épreuve, mais à l’épreuve de la vérité des faits et de la vraie morale publique !