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La Foire de la Saint-Martin dans le « top 10 » des fêtes foraines françaises…

30 Octobre 2017, 15:40pm

Publié par Jean-Marc Pujol

La Foire de la Saint-Martin dans le « top 10 » des fêtes foraines françaises…
Avec 400 000 visiteurs recensés l’an passé, la Foire de la Saint-Martin, qui vient de s’installer pour un bon mois à Perpignan, se classe en terme d’affluence désormais dans le top 10 des fêtes foraines de France, derrière la célèbre Foire du Trône (Paris), la Foire de Nancy, la Vogue des Noix (Firminy près de Saint-Etienne), la Foire Saint-Romain (Rouen) et la Foire Comtoise (Besançon), mais devant la foire-kermesse de Mulhouse (Haut-Rhin) et la Foire de la Saint-Martin à Angers (vraisemblablement la plus ancienne de France, puisque créée en 1624 et ses 600 métiers !).
En tant que maire de Perpignan, je ne peux que me réjouir de cette popularité qui nous (re)plonge dans une atmosphère délicieuse, celle de l’enfance, avec ses ambiances, ses bruits de manèges, ses lumières, ses sensations fortes entre deux loopings, ses couleurs, ses parfums de barbes-à-papa, de gaufres, de beignets et de cacahuètes caramélisées… les sourires et les rires de joie des enfants.
Je sais combien et comment compte ce rendez-vous séculaire (puisque datant de 1759) très attendu des Perpignanaises et des Perpignanais. Cette année encore, le site du Palais des expositions, qui abrite la foire permettra à nombre d’entre nous de s’amuser, de se divertir, de passer un bon moment en famille.
Comme nous le rappelle dans un de ses ouvrages Jean Rifa, spécialiste de l’Histoire de nos villages catalans : « en 1896, pour la première fois, l’éclairage de notre belle Promenade est assuré par l’électricité, au moyen de lampes à arc (…). La popularité de la foire du 11 novembre est telle que la Compagnie de Fer du Midi fait circuler des « trains de plaisir » depuis Prades, Cerbère et Narbonne, tandis que les habitants des proches villages gagnent Perpignan à pied »… Vous voyez que le succès de cette foire dite « de la Saint-Martin » ne date pas d’hier !
Dans son livre « Au village de mon enfance », l’écrivain Arthur Conte, né à Salses-le-Château, décrit l’atmosphère de ces années-là ainsi : « Pour aller à Perpignan, il nous faut près de trois heures de break ou de charrette. Nous y allons surtout le 11 novembre, mon plus beau jour de l’année, date de la foire Saint-Martin. Nous quittons Salses quand il fait nuit encore. Arrivés à Perpignan, nous laissons « Coquette » chez un maquignon, puis, avec les hommes, nous allons à la foire aux bestiaux, où on fait foule pour voir les chevaux, baudets, porcs et moutons (…). Puis, alors que les femmes hantent en ville les magasins de la rue de la Barre ou les rayons des Nouvelles Galeries, et déjeunent de pain frais et de saucisson du Vallespir sur un banc de la Promenade, nous, les hommes, nous allons à l’hôtel de la Perdrix engloutir des hectogrammes de hors-d’œuvre, de tripes à la catalane (sauce blanche et persillée), un gigot monumental et des portions phénoménales de saint-honoré (…). L’après-midi est pour les jeux de baraques : tapis roulant, chenille galopante, grande roue, chevaux de bois, berlingots et nougats à la pelle (…). A cette époque et pour quelques années encore, le côté ludique de la foire de la Saint-Martin, du moins pour les hommes de la terre, passe après les préoccupations professionnelles. C’est bien souvent ce jour-là qu’on va engager une dépense importante, par exemple acheter ou changer un cheval, moderniser l’outillage, choisir un porcelet pour l’engraisser ».
Depuis, les manèges ont changé. Les lots des tombolas aussi (à l’époque d’Arthur Conte on pouvait gagner une oie vivante dans une loterie) . Les tenues vestimentaires également. Mais la nostalgie est toujours là.