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Ce monde tourne-t-il (encore) rond ?

11 Janvier 2018, 17:04pm

Publié par Jean-Marc Pujol

Je lisais ce matin sur les réseaux (cas) sociaux les réactions ahurissantes et surtout blessantes à l’encontre de deux monstres sacrés français du cinéma, Catherine Deneuve et Alain Delon.
La première a signé dans le journal Le Monde, une tribune, avec une centaine d’autres personnalités féminines, dans laquelle elle défend « la liberté des hommes d’importuner les femmes » et dénonce « un féminisme qui prend le visage d’une haine des hommes et de la sexualité ».
Le second, dans l’hebdomadaire Paris Match, pousse un grand coup de gueule, comme il nous y a si souvent habitué – et c’est tant mieux ainsi -  pour dire tout le mal qu’il pense de notre époque qu’il vomit : « Tout est faux, tout est faussé !  Il n’y a plus de respect, plus de parole donnée, il n’y a que l’argent qui compte (…) ».
Et parce que Catherine Deneuve et Alain Delon disent leur quatre vérités, ils sont évidemment incendiés, injuriés, sur les réseaux sociaux. Dans ce monde qui, décidément, ne tourne plus rond, la parole serait donc muselée, et la liberté d’expression interdite ?
Pire : bon nombre d’attaques les concernant relève de l’anonymat. Dans le genre de « courage fuyons », difficile de faire mieux ! Les internautes s’en donnent à cœur joie en avançant masqués. Il est grand temps qu’une loi vienne encadrer cela en obligeant les auteurs de n’importe quel propos à signer de leur propre nom.
Jamais, Voltaire n’aura été autant d’actualité, lui qui déclarait : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dîtes, mais je me battrais pour que vous ayez le droit de la dire ». C’est en tout cas mon credo. Qu’on soit d’accord ou pas avec les propos de Catherine Deneuve et Alain Delon, l’un comme l’autre – et surtout eux avec tout ce qu’ils ont apporté à la France et à son rayonnement à l’étranger – doivent pouvoir exprimer librement leur opinion, sans crainte d’intimidation.  La vie démocratique a besoin de leur voix qui porte et qui compte, de leur engagement, pour continuer d’exister.