Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Impossible d’y échapper, et pourtant…

13 Mars 2018, 16:17pm

Publié par Jean-Marc Pujol

Depuis le 5 mars, et encore pendant près de trois semaines, a lieu à Perpignan le procès de Jacques Rançon, meurtrier présumé (bien qu’il soit passé aux aveux) surnommé « le tueur de la gare ».
C’est là un procès hors-normes comme notre ville de Perpignan en a rarement connus dans toute son histoire judiciaire.
Tous les ingrédients sont réunis pour tenir en haleine l’opinion publique. Les médias ne s’y sont d’ailleurs pas trompés en débarquant dans et autour du Palais de justice en nombre. Toutes les chaînes de télévision nationale et d’infos en continu, les radios, les grands titres nationaux, sont là, bien présents au quotidien, représentés par leurs chroniqueurs spécialistes dans les « affaires de justice », ou leurs correspondants. Certains ont poussé le détail jusqu’à rendre compte du procès minute par minute depuis le site internet de leur rédaction. Il y a même des youtubeurs.
Chaque jour, sur la place Arago, face au tribunal, aux terrasses des brasseries, plusieurs dizaines de journalistes tendent ainsi leurs caméras, leurs micros, leurs stylos, leurs smartphones, leurs tablettes, leurs Canon. Impossible d’y échapper.
Les Perpignanaises et les Perpignanais sont également nombreux à assister, quotidiennement, aux diverses plaidoiries, expertises, analyses, interventions, aux témoignages également, dans une salle d’Assises devenue trop étroite pour les accueillir.
Ce procès peu banal, aussi nécessaire soit-il pour faire émerger toute la vérité à laquelle les victimes et leurs familles ont droit, ne doit pas toutefois auréoler Perpignan d’une image qui ne correspondrait pas à la réalité de son vécu quotidien.
Nous savons tous combien et comment il est facile de déraper dans les commentaires, à partir des réseaux sociaux notamment, et de jeter l’opprobre en distillant la haine et des fake news.
Perpignan n’a rien d’une Chicago plongée dans la délinquance pendant les années de la Prohibition. La ville, comme toutes les villes, a ses quartiers difficiles (dans lesquels nous faisons le maximum en investissant sur des programmes de Rénovation Urbaine avec l’Etat pour améliorer la qualité de vie de tous ses habitants), la ville a aussi à faire face à une pression économique, à des tensions sociales qui peuvent en être issues, mais je voudrais surtout dire ici que Perpignan reste une ville très agréable à vivre, méditerranéenne à part entière, avec sa fierté identitaire et ses accents catalans, avec sa culture, avec ses deux rugbys. Entre mer et montagne, Perpignan est une belle ville, chaleureuse, au patrimoine historique extraordinaire, privilégiée par le climat certes mais également par la diversité d’un potentiel qui n’a pas livré tous ses secrets.
Oui, et pas seulement en tant que maire, le simple citoyen que je suis aussi est fan de Perpignan, même si cela ne m’empêche pas, parfois, d’être encore plus exigeant parce que je sais que cette ville, ancienne capitale des Rois de Majorque, aura toujours de beaux atouts à réveiller, à révéler.