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Soyons sérieux…

2 Mai 2018, 15:30pm

Publié par Jean-Marc Pujol

Ce mardi matin 2 mai, tous les médias reviennent sur les débordements qui ont eu lieu, hier, en marge des traditionnels défilés syndicaux du 1er mai. Le déferlement ininterrompu d’images violentes et de combats de rue diffusées en boucle par les chaînes d’info en continue, puis par les chaînes généralistes, les photos publiées par la presse écrite, tout témoigne d’un climat ambiant d’insurrection urbaine. La scène notamment, du pillage du restaurant McDonald’s, sur le boulevard de l’Hôpital, dans le Vème arrondissement de Paris, est particulièrement saisissante, avec ses « acteurs » encagoulés et entièrement vêtus de noir, armés d’engins incendiaires et dits les « black blocs ». Un restaurant détruit, ainsi qu’une concession automobile, de nombreuses vitrines à terre… et du mobilier urbain en grande quantité, mais pas une ville sens dessus dessous, même si la démonstration de force de ces « black blocs » restera longtemps gravée dans les actualités du jour et la mémoire collective. Les téléspectateurs ont pu suivre le film des événements comme s’ils y étaient, sans quitter leur fauteuil, avec le poids des slogans et des témoignages, le choc des images, etc.-etc. Les plus jeunes ont suivi depuis leurs smartphones, surfant sur les réseaux sociaux. Ainsi « va », ou plutôt passe l’info désormais.
Les commentaires des commentateurs officiels ou des pseudo-informateurs sont rapides, ils défilent à la vitesse grand « V », sans prendre le temps, ou ne serait-ce que la précaution, de vérifier leurs sources, les faits.
Ainsi, concernant cette tribu des « black blocs », des casseurs tout simplement, on a pu entendre Jean-Luc Mélenchon dénoncer, je le cite, « sans doute des éléments venus de l’extrême droite ».  Alors que les « black blocs » revendiquaient tous en direct, sous les caméras, une action révolutionnaire derrière des slogans attribués à Che Guevara et se revendiquant « antifa », « libertaires », « anarchistes », « zadistes » et je ne sais quoi encore. Le Che serait-il devenu soudainement le porte-parole des extrémistes de droite ? Soyons sérieux Monsieur Mélenchon.
Quittons le camp des casseurs pour aller rejoindre celui des manifestants, ayant répondu notamment à l’appel de la CGT.  Là aussi, tout en regrettant à juste titre que ces casseurs leur aient en quelque sorte volé la vedette du jour, nous avons pu entendre des responsables du syndicat CGT se féliciter de voir une grogne sociale de plus en plus importante s’exprimer dans les rues. Le secrétaire général de la CGT lui-même, a communiqué très officiellement le nombre de 55 000 manifestants (20 000 selon la Préfecture de Police) à Paris dans le cortège de la CGT, pour ce 1er mai 2018. L’an passé, en 2017, pour le 1er mai, la même CGT, le même responsable syndical, avaient officialisé le chiffre de 80 000 (30 000 selon la Police)… Si nous comptons bien, dans la seule ville de Paris cela fait 25 000 manifestants de moins ! Où est la progression du mécontentement social à travers ces chiffres ? Soyons sérieux.
Ce n’est pas en jetant de l’huile sur le feu, en racontant « sa » vérité, que l’on rendra l’atmosphère plus sereine. Les syndicats doivent retourner d’urgence à la table des négociations, car ce n’est pas dans la rue – qu’ils ne contrôlent plus – que s’écrit le progrès social en 2018. Ils doivent aussi stopper ces mouvements sociaux qui ne font qu’empoisonner le quotidien de millions d’usagers, de travailleurs, qui ne supportent plus de servir à chaque fois de bouc-émissaires pour le confort médiatique de certains professionnels du syndicalisme et de la politique.
Le Gouvernement doit aussi apprendre, à gérer le pays dans l’ampleur de son fonctionnement, et oser, les réformes que le prédécesseur de gauche de M. Macron n’a jamais eu le courage d’entamer, de lancer, de réaliser jusqu’au bout. Le résultat est là.
Mais dans un état de droit, avec la violence des images que nous avons tous vécues, personne, ni gouvernant ni gouverné, aucun dirigeant ne peut se satisfaire en disant « l’essentiel, c’est qu’au bout du compte il n’y a que des dégâts matériels, il n’y a pas de blessés graves et fort heureusement aucune mort d’homme ». De tels mots, une telle conclusion, relèvent d’une totale inconscience et irresponsabilité. Car quel message envoyons-nous là à ces casseurs, à ces « black blocs » ?... Continuez à détruire tant que vous ne blessez personne ?...
Je vois à Barcelone, régulièrement, les « pro » et les « anti » indépendantistes catalans, défiler par centaines de milliers, ils arrivent à être plus d’1 million de manifestants dans les rues de leur capitale, et à la fin de la manifestation, quand celle-ci se disperse, il n’y a pas une voiture incendiée, pas un abribus de détruit…
La France ne peut pas habituer le reste du monde à garder d’elle un spectacle aussi affligeant à chaque manif. Les moyens doivent être donnés efficacement pour dissoudre ces bandes encagoulées qui incendient et terrorisent sous le prétexte fallacieux d’une Révolution indispensable contre le capitalisme.
Enfin, je tiens à féliciter toutes les forces de l’ordre et de sécurité  – CRS, Gendarmes, Militaires, Policiers et Pompiers – pour leur sérénité, face aux provocations, et leur courage, face aux violences.